
Un litre d'aluminium porte quatre fois plus d'hydrogène qu'un litre d'hydrogène liquide, et sept fois plus qu'une bouteille à 700 bar. Sous l'eau, le second réactif est fourni par le milieu. C'est tout l'intérêt des piles à combustible embarquées — et le point où le bilan énergétique doit être discuté.
Lire les propriétésL'aluminium réagit avec l'eau et libère de l'hydrogène. La stœchiométrie est simple : deux atomes d'aluminium et six molécules d'eau donnent deux d'hydroxyde d'aluminium et trois d'hydrogène. Sur cette base, un kilogramme d'aluminium fournit 111 grammes d'hydrogène — dont l'eau apporte les deux tiers.
Ce qui rend le métal intéressant n'est pas la masse mais le volume. À une masse volumique de 2,70 kg par litre, un litre d'aluminium porte environ 0,30 kg d'hydrogène. Un litre d'hydrogène liquide en porte 0,071, et un litre à 700 bar environ 0,040. Le métal est la façon la plus dense de transporter de l'hydrogène, et il est solide, non pressurisé et stable à température ambiante.
L'obstacle est précisément la propriété qui rend l'aluminium utile partout ailleurs : au contact de l'air, il se couvre instantanément d'une couche d'oxyde mince et étanche qui le protège. C'est elle qui fait durer des décennies un châssis de fenêtre — et qui fait qu'un bloc d'aluminium jeté dans l'eau ne produit rigoureusement rien.

La voie qui fonctionne est un alliage eutectique gallium-indium. Il pénètre la couche d'oxyde, expose l'aluminium nu et laisse l'eau l'atteindre. En eau douce, une seule pastille prétraitée a libéré 400 millilitres d'hydrogène en cinq minutes, et l'équipe du MIT estime le débit à environ 1,3 litre par gramme de granulés sur la même durée.
L'eau de mer complique et aide à la fois. Ses ions ralentissent la réaction en formant une barrière sur l'aluminium — mais ils protègent aussi le gallium-indium, qui peut alors être récupéré après réaction et réutilisé. Le gallium et l'indium étant la part coûteuse, c'est cette récupération qui rend l'économie du procédé possible.
L'équipe a ensuite découvert qu'une faible concentration d'imidazole — le composant actif de la caféine — perce la barrière sur l'aluminium tout en laissant intacte la protection ionique de l'alliage. La même quantité d'hydrogène qui demandait environ deux heures a été produite en cinq minutes environ.
Une analyse de cycle de vie et de coût publiée en 2025 situe le résultat à environ 1,45 kg de CO2 par kilogramme d'hydrogène, contre près de 11 kg pour une production à partir de combustibles fossiles, et un coût voisin de 9 dollars le kilogramme. Le scénario le plus sobre utilise de l'aluminium recyclé — des canettes — plutôt que du métal de première fusion.
| Vecteur | kg H₂ par litre | Volume pour 1 kg | Conditions |
|---|---|---|---|
| Aluminium, métal seul | 0,30 | 3,3 L | Solide, ambiant ; hors réacteur et eau |
| Hydrogène liquide | 0,071 | 14 L | −253 °C, évaporation continue |
| Hydrogène comprimé | 0,040 | 25 L | 700 bar, réservoir épais et lourd |
Le tableau ne compte que le métal, ce qui n'est une comparaison loyale que là où l'eau n'est pas transportée. Sur un véhicule routier, il flatte l'aluminium ; dans un engin sous-marin, non.

Le réacteur envisagé contient des granulés d'aluminium recyclé, une petite quantité d'alliage et de caféine. L'eau de mer environnante est injectée à la demande, l'hydrogène alimente un moteur ou un générateur, et l'hydroxyde reste à bord. L'équipe du MIT calcule qu'un réacteur contenant environ 18 kilogrammes d'aluminium pourrait faire fonctionner un petit planeur sous-marin une trentaine de jours.
Le même raisonnement fixe l'autonomie ailleurs. Un kilogramme d'hydrogène porte un véhicule léger sur 60 à 100 kilomètres selon le rendement de la pile. Pour une voiture à faible autonomie ou un vélo électrique équipé d'un petit réacteur, le compte y est ; les camions, les trains et les avions sont mentionnés par les chercheurs comme des questions ultérieures, de même que l'extraction de l'eau depuis l'humidité ambiante.
La chaleur industrielle est l'autre voie, et la plus avancée. Le réacteur de Found Energy produit de la vapeur surchauffée jusqu'à 1 300 °C, ou de l'électricité par turbine ou par pile à combustible, et vise d'abord le recyclage et le raffinage de l'aluminium lui-même. À l'échelle mondiale, environ trois millions de tonnes de ferraille collectée ne sont pas recyclées chaque année.
Si le combustible doit être régénéré à l'électricité, il s'agit d'une technologie de stockage plutôt que d'une source d'énergie — et cela suppose une électricité propre et bon marché.
L'objection, telle que formulée par Energy Innovation
Les rendements et volumes donnés ici sont calculés à partir de l'équation de réaction et de masses volumiques publiées. Ce sont des ordres de grandeur de comparaison, non des performances garanties.
Les capacités, coûts et calendriers sont ceux annoncés par les équipes de recherche et les sociétés citées, à la date indiquée. Ils ne sont pas vérifiés ici.
Les informations données sont de nature générale et ne constituent ni un conseil d'investissement, ni une étude d'ingénierie pour une installation déterminée.

A litre of aluminium holds four times more hydrogen than a litre of liquid hydrogen, and seven times more than a 700-bar cylinder. Underwater, the second reactant is supplied by the surroundings. That is the whole case for onboard fuel cells — and the point where the energy balance has to be argued.
Read the propertiesAluminium reacts with water and releases hydrogen. The stoichiometry is simple: two atoms of aluminium and six molecules of water give two of aluminium hydroxide and three of hydrogen. On that basis one kilogram of aluminium yields 111 grams of hydrogen — the water supplies two thirds of it.
What makes the metal interesting is not the mass but the volume. At a density of 2.70 kg per litre, a litre of aluminium carries about 0.30 kg of hydrogen. A litre of liquid hydrogen carries 0.071 kg, and a litre at 700 bar about 0.040 kg. The metal is the densest way to carry hydrogen, and it is solid, unpressurised and stable at ambient temperature.
The obstacle is the same property that makes aluminium useful everywhere else: on contact with air it instantly grows a thin, tight oxide layer that protects it. That layer is why aluminium window frames last decades — and why a lump of aluminium dropped in water does nothing at all.

The route that works is a eutectic gallium-indium alloy. It penetrates the oxide layer, exposes bare aluminium and lets the water reach it. In fresh water a single pretreated pellet released 400 millilitres of hydrogen in five minutes, and the MIT team put the rate at about 1.3 litres per gram of pellets over the same period.
Seawater complicates and helps at once. Its ions slow the reaction by forming a barrier on the aluminium — but they also protect the gallium-indium, which can then be recovered after the reaction and reused. Since gallium and indium are the expensive part, recovering them is what makes the economics possible.
The team then found that a low concentration of imidazole — the active component of caffeine — pierces the barrier on the aluminium while leaving the ionic protection of the alloy intact. The same quantity of hydrogen that took about two hours was produced in about five minutes.
A 2025 life-cycle and cost assessment put the result at about 1.45 kg of CO2 per kilogram of hydrogen, against roughly 11 kg for production from fossil fuels, and a cost near 9 dollars per kilogram. The low-carbon scenario uses recycled aluminium — drinks cans — rather than smelted metal.
| Carrier | kg H₂ per litre | Volume for 1 kg | Conditions |
|---|---|---|---|
| Aluminium, metal only | 0.30 | 3.3 L | Solid, ambient; excludes reactor and water |
| Liquid hydrogen | 0.071 | 14 L | −253 °C, continuous boil-off |
| Compressed hydrogen | 0.040 | 25 L | 700 bar, thick and heavy vessel |
The table counts the metal alone, which is the fair comparison only where the water is not carried. On a road vehicle it flatters aluminium; in a submersible it does not.

The proposed reactor holds recycled aluminium pellets, a small quantity of alloy and of caffeine. Surrounding seawater is injected on demand, the hydrogen feeds an engine or a generator, and the hydroxide stays aboard. The MIT team calculates that a reactor holding about 18 kilograms of aluminium could run a small underwater glider for roughly thirty days.
The same reasoning sets the range elsewhere. One kilogram of hydrogen carries a light vehicle 60 to 100 kilometres depending on the efficiency of the fuel cell. For a short-range car or an electric bicycle with a small reactor the arithmetic works; trucks, trains and aircraft are mentioned by the researchers as later questions, along with drawing the water from ambient humidity.
Industrial heat is the other route, and the one furthest along. Found Energy's reactor produces superheated steam up to 1,300 °C, or electricity through a turbine or a fuel cell, and is aimed first at aluminium recycling and refining itself. Worldwide, about three million tonnes of collected scrap go unrecycled each year.
If the fuel has to be regenerated with electricity, this is an energy-storage technology rather than an energy source — and it presupposes cheap, clean electricity.
The objection, as put by Energy Innovation
The yields and volumes given here are calculated from the reaction equation and from published densities. They are orders of magnitude for comparison, not performance guarantees.
Capacities, costs and timetables are those announced by the research teams and companies cited, at the date indicated. They are not verified here.
The information given is general in nature and constitutes neither investment advice nor engineering advice for a specific installation.